2025 : quel bilan pour l’expérience collaborateur ?

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On l’entend partout : pour engager et fidéliser, les RH doivent placer le vécu des salariés au cœur de leurs priorités. Mais derrière cette injonction, une question revient souvent côté direction : “est-ce que ça rapporte ?”

Pour y répondre, Parlons RH publie son 8ème baromètre national sur l’expérience collaborateur, pensé comme un décryptage du lien entre la qualité du vécu au travail et la performance économique. Voici les 3 grands enseignements à retenir de l’étude.

1. L’expérience collaborateur est corrélée avec la performance économique

Parmi les 391 professionnels interrogés dans l’étude Parlons RH, toutes les organisations ne se situent pas au même niveau de maturité. Le baromètre distingue ainsi les “entreprises pratiquantes” – celles qui ont engagé une démarche structurée d’amélioration du vécu au travail – des “non-pratiquantes”, encore au stade des intentions. À l’autre bout du spectre, les “réfractaires” assument ne pas vouloir s’y engager.

Et l’écart est net : 70 % des entreprises pratiquantes confirmées déclarent avoir connu de la croissance sur les trois dernières années, contre 34 % des entreprises réfractaires.

La tendance varie selon les secteurs, mais le constat reste robuste : les entreprises les plus engagées sur ce terrain sont aussi, plus souvent, celles qui performent économiquement. Pourtant, cette relation reste largement sous-estimée en interne : 84 % des entreprises pratiquantes en croissance ne font pas le lien entre leurs résultats et les actions menées. Autrement dit, la démarche crée de la valeur – sans toujours être reconnue comme telle.

2. L’expérience collaborateur crée de l’emploi et réduit le turnover

Si la démarche progresse, elle reste inégalement déployée, souvent pour une raison simple : 35 % des entreprises non pratiquantes invoquent un manque de moyens financiers. Or les effets sur l’emploi et le turnover montrent que l’investissement peut rapidement devenir rentable.

En effet, les entreprises qui ont structuré une démarche d’amélioration de l’expérience collaborateur semblent mieux limiter le turnover et consolider leurs effectifs dans la durée.

Côté turnover, l’écart est parlant : seules 22 % des entreprises pratiquantes confirmées disent avoir vu leur turnover augmenter, contre 54 % des entreprises réfractaires.

Même logique sur la dynamique d’embauche : 55 % des entreprises pratiquantes ont augmenté leurs effectifs ces trois dernières années, contre 39 % des non-pratiquantes.

Reste un paradoxe : malgré cette volonté d’agir, le pilotage est encore souvent artisanal, puisque 59 % des entreprises pratiquantes n’utilisent pas de solution digitale pour mesurer la QVT.

3. L’expérience collaborateur renforce la RSE

Au-delà des enjeux de performance économique et de fidélisation, l’expérience collaborateur s’impose également comme un levier structurant de la stratégie RSE, notamment sur sa dimension sociale. Les entreprises qui s’engagent dans une démarche formalisée ne se contentent pas d’améliorer le quotidien de leurs équipes : elles renforcent aussi leur impact social de manière mesurable.

Les chiffres du baromètre sont sans appel : 83 % des entreprises pratiquantes affichent de bonnes performances sociales, contre 52 % des non-pratiquantes. Cet écart s’explique en grande partie par une meilleure prise en compte des conditions de travail, de la qualité du dialogue interne, de l’équilibre des temps de vie et du sentiment de reconnaissance.

En ce sens, l’expérience collaborateur agit comme un socle opérationnel de la RSE. Elle permet de passer d’engagements déclaratifs à des actions concrètes, perçues et vécues par les salariés – et donc plus crédibles, en interne comme en externe.

En 2026, l’expérience collaborateur devient un enjeu stratégique à part entière

À l’heure où les entreprises évoluent dans un environnement marqué par des tensions durables sur le marché de l’emploi, une inflation des coûts de recrutement et une exigence accrue des salariés vis-à-vis de leurs conditions de travail, l’expérience collaborateur change de statut. Elle n’est plus un “chantier RH” parmi d’autres, mais un levier stratégique qui influence directement la capacité d’une organisation à attirer, retenir et mobiliser ses talents.

En 2026, ignorer le vécu quotidien des équipes revient à accepter un risque : celui d’une démobilisation progressive, d’un turnover subi et d’une perte de performance difficile à rattraper.

À l’inverse, les entreprises qui investissent dans l’amélioration continue de l’expérience collaborateur renforcent leur solidité interne, fluidifient leurs pratiques managériales et gagnent en cohérence entre discours et réalité.

Le message est clair : l’expérience collaborateur ne se résume pas à des actions ponctuelles. Elle suppose une approche structurée, pilotée et alignée avec la stratégie globale de l’entreprise. Car au-delà des chiffres, elle conditionne un élément clé en 2026 : la capacité à faire durablement fonctionner l’organisation avec des équipes engagées, stables et performantes.

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