La santé mentale des salariés en 2026 : un vrai tournant ?

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Chaque année, le niveau de mauvaise santé mentale au travail reste préoccupant. Selon une étude mené par Qualisocial, près de 6 millions de salariés s’estiment en mauvaise santé mentale. De quoi tirer la sonnette d’alarme et rappeler l’importance du bien‑être au travail.

Alors, 2026 sera-t-elle l’année du renouveau ?

Zoom sur la santé mentale au travail, son évolution, et son impact à la fois sur les salariés et sur l’entreprise.

La santé mentale des salariés en 2026 face aux années précédentes : quelle évolution ?

La santé mentale est aujourd’hui un sujet important dans le monde du travail.

Heureusement, ce sujet longtemps tabou devient enfin pris au sérieux au cœur de nos organisations. Et pour cause : en 2025, 25 % des salariés avaient une mauvaise santé mentale, contre 22 % en 2026. Elle touche donc de moins en moins de monde et traduit une amélioration progressive du bien-être dans la vie professionnelle.

Cette même étude montre d’ailleurs que, depuis 2024, le nombre de personnes en mauvaise santé mentale – qui s’élevait alors à 26 % – ne cesse de diminuer.

Entre 2025 et 2026, la santé mentale de 810 000 salariés s’est améliorée, un chiffre encourageant pour les années à venir.

Une évolution en hausse… mais pour combien de temps ?

Bonne nouvelle : d’ici 2030, les chiffres pourraient redevenir très positifs, avec des niveaux proches de ceux observés en 2019. Selon les projections, 17 % des salariés seraient en mauvaise santé mentale, contre 83 % en bonne santé mentale.

Mais comment expliquer une telle évolution entre 2019 et 2030, soit en seulement onze ans ?

D’abord, la santé mentale est aujourd’hui beaucoup moins taboue en entreprise. Des sujets longtemps difficiles à aborder, comme le burn-out ou la dépression, sont désormais mieux identifiés et davantage pris en compte par les organisations.

Ensuite, le développement de l’intelligence artificielle pourrait aussi jouer un rôle. Elle permet déjà de soulager certains salariés de tâches répétitives ou chronophages, ce qui peut alléger le quotidien et libérer un peu plus de temps pour soi.

Enfin, on n’y pense pas toujours, mais les nouvelles générations participent aussi à cette évolution. La génération Z, par exemple, accorde une grande importance à la santé mentale et à l’équilibre de vie. Pour attirer et fidéliser ces jeunes talents, les entreprises devront forcément adapter leurs pratiques et leur organisation du travail.

Évolution de la santé mentale en 2026 : pour quels profils en particulier ?

Roulement de tambour… En 2026, ce sont les femmes qui se distinguent par la meilleure évolution en matière de santé mentale. Leur profil est particulièrement marquant : si leur niveau de santé reste encore légèrement inférieur à celui des hommes, la progression est remarquable. En effet, après avoir atteint 69 % en 2025, il passe à 74 % en 2026, alors que celui des hommes évolue de 78 % à 80 %. Cette hausse rapide illustre une dynamique positive et encourageante pour la santé des femmes, un indicateur clé à suivre de près.

Et les autres profils ?

En 2026, l’âge et la place du salarié dans l’entreprise continuent de jouer un rôle clé dans la bonne santé mentale. On remarque que les plus jeunes, ceux de moins de 33 ans, voient leur bien-être progresser de manière notable, passant de 71 % en 2025 à 76 % l’an dernier. Les plus de 55 ans restent sur des niveaux élevés, avec une progression plus modeste, de 78 % à 80 %.

La place dans l’entreprise influence aussi ces résultats. Les employés affichent une bonne santé mentale en hausse, tandis que les ouvriers surprennent par leur progression, passant de 75 % en 2025 à 81 % en 2026, dépassant même les cadres supérieurs.

Ces tendances révèlent à quel point l’âge et le rôle occupé sont déterminants, et soulignent des dynamiques très intéressantes à suivre pour mieux soutenir la santé mentale au travail.

Les secteurs d’activités impactés

En 2026, certaines zones d’activité se démarquent par des niveaux très contrastés de santé mentale.

Les secteurs comme l’hébergement médico‑social et le commerce affichent des résultats plus faibles, avec respectivement 66 % et 71 % de salariés en bonne santé mentale.

À l’inverse, des secteurs comme la construction et le BTP se distinguent par des chiffres bien plus élevés, atteignant 85 %, tandis que les services aux entreprises suivent de près avec 81 %.

Ces différences dévoilent que l’environnement de travail et la nature de l’activité restent des facteurs déterminants pour le bien-être mental des salariés.

L’état mental des salariés : un facteur décisif de la QVCT

La santé mentale est influencée par plusieurs facteurs qui se répercutent directement dans la vie professionnelle et dans la qualité de vie et des conditions de travail.

Aujourd’hui, beaucoup de salariés sont impactés par des éléments comme la pression émotionnelle, l’estime de soi, l’inflation ou encore le manque de temps pour soi, souvent lié à la fatigue et à la charge mentale. Les difficultés économiques personnelles, comme le coût de la vie ou du logement, jouent aussi un rôle.

Tout cela influence forcément la manière dont on vit son travail au quotidien. Les écarts sont d’ailleurs très nets : les salariés en très bonne santé mentale évaluent leur QVCT à 7,8/10, contre seulement 5,3/10 pour ceux en très mauvaise santé mentale. Même chose pour l’énergie au travail, qui passe de 7/10 à seulement 3/10. Autrement dit, l’état mental des collaborateurs change complètement leur expérience du travail, ce qui montre à quel point la QVCT est un levier essentiel pour soutenir l’engagement et le bien-être des équipes.

Les actions de préventions

Les efforts de prévention en santé mentale restent inégaux selon les secteurs, mais l’impact est déjà visible par rapport à l’année dernière, et c’est un vrai point positif.

Si on compare deux univers très différents : Dans la banque et l’immobilier, 29 % des salariés bénéficient d’une prévention complète avec au moins trois actions concrètes, contre 32 % qui ne font rien.

À l’inverse, dans l’enseignement et l’information, seulement 12 % ont une prévention complète, et 57 % n’ont aucune action.

Malgré ces écarts, un chiffre ressort : 86 % des salariés français bénéficiant d’un plan de prévention complet, estiment que cela à permis d’améliorer leur santé mentale. Comment l’expliquer ?

En grande partie grâce à une meilleure sensibilisation… et à des initiatives concrètes comme le droit à la déconnexion, qui permettent de délimiter clairement le temps de travail et de préserver l’équilibre personnel.

Autre point marquant : 90 % des salariés constatent une meilleure santé mentale lorsque des mesures de prévention complètes sont mises en place. Preuve que ces actions font vraiment la différence.

En bref

  • Situation globale : près de 6 millions de salariés souffrent encore d’une mauvaise santé mentale.
  • Profils en progression : les femmes voient leur bien-être grimper à 74 %.
  • Écarts sectoriels : dans le BTP, 85 % des salariés sont en bonne santé mentale.
  • Prévention efficace : 86 % des salariés estiment que les actions mises en place améliorent réellement leur santé mentale.

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