RSE : le guide 2026 pour structurer, mesurer et valoriser votre démarche

Partagez cet article

Aujourd’hui, tout le monde est concerné par le réchauffement climatique, la lutte contre les gaz à effet de serre et la préservation de la biodiversité. Les entreprises ne peuvent plus être de simples spectatrices : elles doivent être exemplaires dans leurs pratiques, réduire leurs impacts négatifs et s’engager dans une dynamique durable.

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), souvent associée au développement durable appliqué au monde de l’entreprise, est devenue plus qu’une démarche facultative. Elle influence autant l’attractivité pour les candidats et les clients que l’engagement des collaborateurs eux-mêmes, désormais très sensibles à la qualité de vie au travail (QVCT) et à la cohérence des valeurs de leur employeur.

Qu’est-ce que la RSE ?

La RSE englobe l’ensemble des actions volontaires qu’une entreprise mène pour intégrer les préoccupations sociales, environnementales et économiques dans ses activités. Elle traduit l’idée qu’une entreprise, au-delà de sa rentabilité, a une responsabilité vis-à-vis de la société et de son environnement.

Sur le plan international, des cadres comme les principes directeurs de l’OCDE ou le Global Compact des Nations Unies donnent des lignes de conduite claires, même si la mise en œuvre reste volontaire. Ces référentiels insistent sur des sujets comme les droits humains, les normes du travail, la protection de l’environnement ou la lutte contre la corruption.

RSE : quelles obligations légales pour les entreprises en 2026 ?

Pendant longtemps, la RSE a reposé sur une logique majoritairement volontaire, encadrée progressivement par différentes lois françaises. En 2026, on a clairement changé d’échelle : la responsabilité sociétale des entreprises est désormais structurée, encadrée et de plus en plus obligatoire, sous l’impulsion du cadre européen.

D’une RSE volontaire à un cadre réglementaire renforcé

Les premières obligations de transparence extra-financière ont été introduites dès les années 2000 avec la loi NRE, puis renforcées par le Grenelle de l’environnement et la loi Pacte. Ces textes ont posé les fondations : prise en compte des impacts sociaux et environnementaux, responsabilité vis-à-vis des parties prenantes, gouvernance plus responsable.

Mais ces dispositifs, souvent perçus comme complexes ou réservés aux grands groupes, ont laissé place à un cadre beaucoup plus homogène et exigeant à l’échelle européenne.

La CSRD : le tournant majeur du reporting RSE

En 2026, la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) est devenue le texte de référence en matière de reporting RSE. Elle remplace progressivement la Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF) et transforme profondément la manière dont les entreprises doivent rendre compte de leurs impacts.

La CSRD impose un reporting extra-financier beaucoup plus détaillé, standardisé et comparable, basé sur des normes communes appelées ESRS (European Sustainability Reporting Standards). Les entreprises doivent désormais analyser et publier leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance, mais aussi les risques et opportunités liés à la durabilité pour leur activité.

On ne parle plus seulement d’actions ou d’engagements, mais de données mesurées, suivies et pilotées, intégrées à la stratégie globale de l’entreprise.

Quelles entreprises sont concernées en 2026 ?

En 2026, sont directement concernées par la CSRD :

  • les grandes entreprises, cotées ou non, dépassant certains seuils d’effectifs, de chiffre d’affaires ou de bilan ;

  • les groupes européens et certaines filiales de groupes internationaux opérant dans l’Union européenne.

Mais même les entreprises non soumises directement à l’obligation ne sont pas épargnées. Par effet de chaîne, de nombreuses PME et ETI doivent fournir des données RSE à leurs clients, donneurs d’ordre, investisseurs ou partenaires. La RSE devient ainsi un pré-requis économique, bien au-delà de la seule contrainte réglementaire.

Un reporting plus exigeant… et vérifié

Autre évolution majeure : les informations RSE publiées doivent être fiables, traçables et vérifiables. Pour les entreprises concernées, le reporting fait l’objet d’une vérification par un organisme tiers indépendant. L’objectif est clair : limiter les déclarations approximatives, renforcer la crédibilité des informations publiées et lutter contre le greenwashing.

La RSE devient ainsi un véritable outil de pilotage, au même titre que les indicateurs financiers.

Et pour les entreprises non obligées ?

En 2026, ne pas être soumis à la CSRD ne signifie pas que l’on peut ignorer la RSE. Formaliser une démarche reste fortement recommandé pour anticiper les futures exigences, structurer ses pratiques et répondre aux attentes croissantes des parties prenantes.

Charte éthique, feuille de route RSE, indicateurs clés, référentiels reconnus : ces outils permettent de poser un cadre clair, crédible et évolutif. Ils facilitent aussi le dialogue avec les clients, les collaborateurs et les partenaires, dans un contexte où la transparence devient la norme.

Les normes, labels et référentiels de développement durable

En 2026, s’engager dans une démarche RSE ne signifie plus seulement “faire des actions”. Cela implique de s’appuyer sur des référentiels reconnus, capables de structurer la démarche, de la rendre crédible et de répondre aux attentes croissantes en matière de transparence, notamment dans le cadre du reporting extra-financier et de la CSRD.

Tous les cadres ne se valent pas et n’ont pas la même finalité. Certains servent à piloter, d’autres à reporter, d’autres encore à faire reconnaître un engagement.

Des référentiels internationaux

Le Pacte mondial des Nations Unies (Global Compact) reste en 2026 l’un des cadres d’engagement volontaire les plus utilisés par les entreprises à l’échelle mondiale. Créé en 2000, il repose sur dix principes fondamentaux couvrant les droits humains, les normes internationales du travail, la protection de l’environnement et la lutte contre la corruption. Il constitue souvent une première étape structurante pour formaliser une démarche RSE cohérente, alignée avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies.

Autre référence majeure : la Global Reporting Initiative (GRI). En 2026, les normes GRI restent largement utilisées pour structurer les rapports de durabilité. Elles offrent un cadre précis pour identifier les impacts significatifs, définir des indicateurs et assurer la comparabilité des informations publiées. Même avec l’arrivée des normes européennes ESRS, la GRI demeure un socle de référence, notamment pour les entreprises ayant une activité internationale.

Les normes ISO

Les normes ISO jouent un rôle clé, mais leur usage est souvent mal compris. Certaines sont certifiables, d’autres non.

  • La norme ISO 14001 concerne le management environnemental. Elle permet de structurer une démarche visant à réduire les impacts environnementaux de l’entreprise, à mieux gérer les risques et à améliorer les performances environnementales de façon continue.
  • La norme ISO 50001, dédiée au management de l’énergie, est particulièrement stratégique en 2026. Elle vise à réduire la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre, dans un contexte de sobriété énergétique et de hausse des coûts.
  • La norme ISO 26000 reste la référence internationale en matière de RSE. Elle ne donne pas lieu à certification, mais propose des lignes directrices complètes couvrant la gouvernance, les droits humains, les conditions de travail, l’environnement, l’éthique des pratiques, les relations consommateurs et l’ancrage territorial. En 2026, elle reste un excellent cadre pour structurer une démarche RSE globale, notamment pour les PME et ETI.

Les labels français

En complément des référentiels internationaux, plusieurs labels français permettent de valoriser concrètement une démarche RSE.

  • Le label LUCIE est l’un des labels RSE français les plus reconnus. Aligné sur la norme ISO 26000, il accompagne les entreprises dans une démarche d’amélioration continue et propose un cadre structuré ainsi qu’un accès à des bonnes pratiques éprouvées.
  • Le label Engagé RSE, porté par AFNOR, s’appuie à la fois sur l’ISO 26000 et les standards internationaux de reporting. Il est particulièrement apprécié des entreprises souhaitant démontrer un engagement RSE structuré, évalué et reconnu par un organisme indépendant.
  • Le label ISR (Investissement Socialement Responsable), soutenu par l’État français, s’adresse principalement aux acteurs financiers. Il permet d’identifier les fonds intégrant des critères ESG dans leurs décisions d’investissement. Même s’il ne concerne pas directement toutes les entreprises, il influence fortement les attentes des investisseurs et des partenaires financiers.

Enfin, Ecocert propose plusieurs certifications axées sur l’environnement, l’agriculture biologique, le commerce équitable ou encore les chaînes d’approvisionnement responsables. Ces labels sont particulièrement pertinents pour les entreprises dont l’activité est directement liée aux produits, aux matières premières ou aux filières agricoles.

Les bénéfices de la RSE pour les entreprises

En 2026, la RSE n’est plus une option qu’on met en bas d’une page carrière. Elle s’invite au cœur des priorités RH, au même titre que la QVCT, l’engagement collaborateur ou le pilotage des données. Et contrairement aux idées reçues, elle ne rime pas avec frein ou surcoût : bien menée, elle devient un accélérateur de performance, de confiance et d’attractivité.

Une performance économique plus solide

Une démarche RSE efficace, c’est d’abord une démarche cadrée : des objectifs réalistes, mesurables, alignés avec la stratégie. En clarifiant ses priorités et en dialoguant avec ses parties prenantes, l’entreprise améliore sa capacité à décider, à anticiper les risques et à sécuriser sa trajectoire. Autrement dit : elle ne fait pas “de la RSE”, elle pilote mieux son activité dans un monde plus exigeant.

Une réduction des coûts

La RSE, c’est aussi du bon sens opérationnel. Réduire sa consommation d’énergie, optimiser ses déplacements, rationaliser les achats, travailler avec des fournisseurs plus proches ou plus responsables : tout cela finit souvent par se traduire en économies concrètes. Moins de gaspillage, moins de frictions, plus d’efficacité. Et quand la démarche est cohérente, elle améliore aussi la qualité, la durabilité des produits et la fiabilité de la chaîne d’approvisionnement.

Un engagement humain plus fort

Côté RH, l’impact est direct : une entreprise socialement responsable crée un cadre plus sain, plus clair, plus mobilisateur. Elle renforce le sentiment d’utilité, la fierté d’appartenance et l’envie de s’impliquer. Le baromètre de perception RSE montre par exemple que les salariés qui identifient une “entité RSE” dans leur entreprise déclarent nettement plus souvent être confiants dans leur avenir au sein de celle-ci. Et quand on embarque les équipes dans des actions concrètes, la RSE cesse d’être un discours : elle devient un moteur collectif… et des collaborateurs qui se transforment en ambassadeurs, ça ne s’achète pas.

Un renforcement de l’attractivité

En 2026, une entreprise qui s’engage vraiment se différencie tout de suite. Parce qu’elle donne une direction, une cohérence, une image plus “alignée” avec ce que recherchent candidats et clients. Côté recrutement, l’engagement RSE pèse dans la balance : une étude OpinionWay montre que 77 % des salariés et 83 % des responsables RH affirment que les engagements RSE d’une entreprise augmentent son attractivité. Résultat : une démarche RSE crédible facilite les recrutements, renforce la fidélisation et ouvre parfois l’accès à de nouveaux marchés, notamment via des appels d’offres plus exigeants.

Comment mettre en place une démarche RSE en entreprise ?

Se lancer dans une démarche RSE peut sembler intimidant, surtout quand on est une PME ou une TPE sans responsable dédié. Mais bonne nouvelle : dans la plupart des entreprises, la RSE existe déjà “en morceaux”. Un fournisseur local ici, une attention portée aux conditions de travail là, une politique d’achats plus responsable, quelques actions solidaires… Le vrai enjeu en 2026, ce n’est pas de partir de zéro. C’est de structurer l’existant, d’éviter les actions dispersées, et de construire une démarche lisible, pilotable et crédible.

1) Faire un état des lieux

Avant de promettre de grandes choses, il faut savoir où l’on en est. Un diagnostic RSE permet de poser une base claire : vos impacts, vos forces, vos zones de risque, vos priorités. Il peut être réalisé en interne si vous avez déjà des ressources, ou avec un accompagnement externe si vous voulez gagner du temps et prendre du recul.

Il est aussi pertinent de s’appuyer sur des référentiels existants selon votre secteur, et sur des outils publics qui aident à cadrer la démarche et à choisir des indicateurs adaptés. La plateforme impact.gouv.fr, par exemple, peut servir de point de repère pour s’inspirer de bonnes pratiques et structurer une approche plus mesurable. Et sur le volet carbone, il existe désormais de nombreuses solutions pour suivre plus finement l’empreinte des déplacements professionnels et des achats, sans transformer le sujet en usine à gaz.

2) Impliquer les bonnes personnes

La RSE ne peut pas vivre dans un coin. Une démarche solide se construit avec les parties prenantes : les salariés, les managers, mais aussi les clients, fournisseurs, partenaires, parfois même les investisseurs ou acteurs du territoire. C’est ce qui fait la différence entre une RSE “vitrine” et une RSE qui change réellement les pratiques.

Impliquer les acteurs dès le départ permet de capter les vrais irritants, d’identifier ce qui compte vraiment pour votre activité, et de créer une dynamique d’adhésion. En clair : on passe d’un plan théorique à une démarche concrète, co-construite, donc plus durable.

3) Définir des objectifs clairs

Une bonne démarche RSE n’est pas celle qui promet tout. C’est celle qui choisit ses combats. L’idée est de définir des objectifs de développement durable réalistes, hiérarchisés, avec un calendrier et des responsables identifiés.

En face, il faut des indicateurs simples et utiles : des KPI qui permettent de suivre les progrès, de prouver ce qui avance, et de corriger ce qui ne marche pas. En 2026, la crédibilité se joue ici : ce qu’on mesure, on peut le piloter. Et ce qu’on pilote, on peut l’améliorer.

4) Formaliser et communiquer 

Structurer la démarche, c’est la rendre visible et actionnable. Feuille de route, charte, politique d’achats responsables, plan QVCT, trajectoire carbone : peu importe le format, l’essentiel est d’avoir un cadre clair qui permette de suivre les engagements et de valoriser les actions.

Et surtout, il faut communiquer au bon niveau. En interne, pour embarquer les équipes, donner du sens, et faciliter l’appropriation. En externe, pour renforcer la confiance et la transparence. En 2026, la règle d’or est simple : mieux vaut parler moins, mais parler juste, avec des résultats, des exemples concrets et des progrès mesurables.

Quelles actions RSE mettre en place concrètement en 2026 ?

Une démarche RSE efficace ne repose pas sur une accumulation d’actions symboliques. En 2026, ce qui compte, c’est la cohérence entre la stratégie, les pratiques réelles et les impacts mesurables. Les actions doivent répondre aux enjeux sociaux, environnementaux et sociétaux de l’entreprise, en lien direct avec son activité et ses parties prenantes.

Agir sur le pilier social : QVCT, inclusion et engagement

Le volet social est souvent le premier levier activé, et pour cause : il touche directement le quotidien des collaborateurs. Agir sur la QVCT (qualité de vie et des conditions de travail) passe par l’amélioration des conditions de travail, la prévention des risques professionnels, la santé et la sécurité, mais aussi par des modes de management plus responsables et plus humains.

La lutte contre les discriminations fait également partie des fondamentaux. Garantir l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap dès le recrutement, sécuriser les parcours professionnels ou encore veiller à l’équité salariale sont des actions devenues incontournables en 2026.

Enfin, certaines entreprises choisissent d’aller plus loin en valorisant l’engagement sociétal de leurs équipes, par exemple via le mécénat de compétences ou le soutien à des initiatives solidaires. Ces actions renforcent le sentiment d’utilité et la fierté d’appartenance.

Réduire l’impact environnemental de manière opérationnelle

Sur le plan environnemental, la RSE ne se limite plus à des écogestes isolés. Les entreprises les plus avancées intègrent désormais ces enjeux au cœur de leurs décisions opérationnelles.

Cela passe par l’éco-conception, en tenant compte du cycle de vie des produits ou services, mais aussi par une gestion plus responsable des déchets, la prévention de la pollution et la réduction des consommations de ressources. En 2026, la capacité à démontrer une trajectoire de réduction des impacts environnementaux devient un critère clé de crédibilité.

Les politiques d’achats responsables jouent également un rôle central. Choisir des matériaux plus durables, travailler avec des fournisseurs et sous-traitants engagés, privilégier les circuits courts ou développer des logiques d’économie circulaire permet de réduire l’empreinte globale de l’entreprise, bien au-delà de ses propres murs.

Gouvernance et pilotage : structurer pour durer

Mettre en place une démarche RSE, c’est aussi revoir la manière dont l’entreprise se pilote. Une gouvernance responsable implique d’intégrer les enjeux de durabilité dans les décisions stratégiques, de clarifier les rôles et de donner de la visibilité aux engagements pris.

Cela peut passer par la mise en place d’une feuille de route RSE, d’un comité dédié ou par l’intégration de critères ESG dans les processus existants. L’objectif est simple : faire de la RSE un sujet transversal, et non un projet annexe.

Évaluer sa démarche RSE : une étape indispensable

Aucune stratégie RSE ne peut être crédible sans évaluation. Mesurer, suivre et ajuster les actions mises en place permet de vérifier leur efficacité et de démontrer que les engagements ne restent pas théoriques.

L’évaluation réglementaire

Pour les entreprises soumises à des obligations légales, l’évaluation de la démarche RSE est encadrée. Elle repose sur l’identification des risques sociaux, environnementaux et sociétaux liés à l’activité, la définition d’indicateurs de suivi pertinents et, dans certains cas, une vérification par un organisme tiers indépendant.

Des outils comme la matrice de matérialité permettent de hiérarchiser les enjeux en fonction de leur importance pour l’entreprise et ses parties prenantes. La qualité du management, du dialogue social ou de la politique RH peut ainsi être suivie à travers des indicateurs concrets, comme l’absentéisme, le turnover ou les conflits sociaux.

L’évaluation volontaire : progresser dans la durée

Pour les entreprises non soumises à une obligation formelle, l’évaluation reste tout aussi stratégique. Elle permet de s’inscrire dans une logique d’amélioration continue, d’ajuster les actions au fil du temps et de renforcer la transparence vis-à-vis des collaborateurs, des clients et des partenaires.

 

En 2026, ce sont souvent les entreprises capables de mesurer honnêtement leurs progrès – et leurs marges de progression – qui gagnent en crédibilité. Une RSE évaluée est une RSE pilotée. Et une RSE pilotée devient un véritable levier de performance durable.

A propos de l’auteur/autrice

Ces articles pourraient également vous intéresser