Rupture conventionnelle : ce qui va changer à partir du 1er septembre 2026

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Le mardi 2 juin dernier, le Parlement a définitivement adopté un projet de loi qui vise à réduire la durée d’indemnisation après une rupture conventionnelle individuelle. Une mesure ayant pour objectif de faire des économies, mais qui va changer la donne pour les actifs français.

Une durée d’indemnisation réduite après une rupture conventionnelle

Aujourd’hui, un salarié qui quitte son entreprise via une rupture conventionnelle peut bénéficier de l’allocation chômage, sous réserve de remplir les conditions d’éligibilité. Cette possibilité constitue d’ailleurs l’un des principaux éléments qui distinguent la rupture conventionnelle d’une démission classique.

Avec la réforme adoptée le mardi 2 juin (353 voix contre 114), la durée maximale d’indemnisation sera réduite pour les personnes concernées par une rupture conventionnelle individuelle.

Pour les actifs de moins de 55 ans, elle passera de 18 mois à 15 mois maximum. Pour les salariés âgés de 55 ans et plus, la durée maximale sera également revue, avec un accompagnement renforcé prévu par France Travail.

En clair, cela signifie que les salariés qui envisagent une rupture conventionnelle disposeront d’un temps d’indemnisation plus court pour rebondir, retrouver un emploi, se reconvertir ou construire un nouveau projet professionnel.

Pourquoi cette réforme ?

Cette réforme s’inscrit dans une volonté de réduire les dépenses liées à l’assurance chômage. L’objectif affiché est de générer environ 800 millions d’euros d’économies par an.

Créée en 2008, la rupture conventionnelle a connu une forte progression ces dernières années. En 2024, 515 000 ruptures conventionnelles individuelles ont été signées, contre 317 000 en 2013. Une hausse significative qui pèse désormais lourd dans les comptes de l’assurance chômage : leur coût est estimé à 9,4 milliards d’euros par an.

Face à cette montée en puissance, le gouvernement souhaite donc encadrer davantage les effets du dispositif, sans pour autant le supprimer.

Une rupture conventionnelle toujours possible, mais moins protectrice

La rupture conventionnelle reste un outil légal et encadré. Elle conserve ses principes fondamentaux : accord des deux parties, délai de rétractation, homologation administrative et versement d’une indemnité spécifique.

Ce qui change, c’est l’environnement dans lequel elle s’inscrit.

Jusqu’à présent, ce dispositif pouvait offrir une forme de sécurité aux salariés souhaitant quitter leur poste dans de bonnes conditions. Demain, cette sécurité sera plus limitée dans le temps. Pour certains actifs, notamment ceux qui n’ont pas encore de projet professionnel clairement défini, la décision pourrait donc devenir plus difficile à prendre.

Cette évolution pourrait aussi modifier les discussions entre employeurs et salariés. Certains collaborateurs pourraient chercher à négocier une indemnité de départ plus élevée afin de compenser la baisse de la durée d’indemnisation. D’autres pourraient repousser leur décision ou privilégier d’autres options, comme une mobilité interne, une formation ou une reconversion préparée en amont.

Un impact direct sur les politiques RH

Pour les entreprises, cette réforme n’est pas seulement une évolution administrative. C’est un vrai sujet RH.

La rupture conventionnelle intervient souvent à un moment sensible du parcours collaborateur. Elle peut traduire une envie de changement, une perte de motivation, un désaccord sur l’évolution du poste, un besoin de reconversion ou une situation devenue inconfortable pour l’une ou l’autre des parties.

Avec une indemnisation plus courte, les RH devront probablement faire face à davantage de questions de la part des salariés. Les collaborateurs voudront comprendre ce que la réforme implique pour eux, à quel moment elle s’applique, quels seront leurs droits et quelles alternatives peuvent être envisagées.

La pédagogie devient donc essentielle. Les équipes RH auront intérêt à clarifier leurs processus, à anticiper les demandes et à accompagner les managers pour éviter les réponses imprécises ou les incompréhensions.

Des conséquences à anticiper pour les seniors

La réforme soulève aussi un point de vigilance particulier pour les salariés seniors.

Pour les actifs de 55 ans et plus, le retour à l’emploi peut être plus long et plus complexe. Réduire la durée d’indemnisation après une rupture conventionnelle peut donc fragiliser certaines transitions professionnelles, en particulier lorsque le départ n’a pas été suffisamment préparé.

Côté RH, cela renforce l’importance de travailler l’employabilité tout au long de la carrière. Formation, mobilité interne, bilans de compétences, transmission des savoirs, accompagnement des secondes parties de carrière : autant de leviers à activer avant que la rupture ne devienne la seule option envisagée.

Cette évolution rappelle une réalité souvent sous-estimée : la gestion des départs commence bien avant le dernier entretien RH.

La réforme de la rupture conventionnelle en bref

  • À partir du 1er septembre 2026, la durée maximale d’indemnisation chômage après une rupture conventionnelle individuelle sera réduite, notamment de 18 à 15 mois pour les actifs de moins de 55 ans.
  • Cette réforme vise à générer environ 800 millions d’euros d’économies par an, dans un contexte de forte hausse du recours aux ruptures conventionnelles depuis leur création en 2008.
  • Pour les RH, cette évolution implique plus de pédagogie, une meilleure anticipation des départs et un accompagnement renforcé des collaborateurs.

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