À partir du 1er septembre 2026, la durée des arrêts maladie prescrits en première intention sera plafonnée à un mois. Une mesure inscrite dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et précisée par un décret publié au Journal officiel le 13 juin dernier.
Dans un contexte où les dépenses liées aux arrêts de travail explosent, le gouvernement entend mieux encadrer les prescriptions. Mais cette réforme permettra-t-elle réellement de réduire l’absentéisme ? Rien n’est moins sûr.
Ce qui change à partir de septembre
Jusqu’à présent, aucune durée maximale n’était prévue pour un arrêt maladie prescrit par un professionnel de santé.
Désormais :
- la première prescription d’arrêt maladie sera limitée à un mois maximum ;
- une prolongation pourra être accordée dans la limite de deux mois ;
- ces nouvelles règles s’appliqueront aux médecins, sages-femmes et chirurgiens-dentistes habilités à prescrire des arrêts de travail.
Cette évolution résulte d’un compromis parlementaire. Initialement, le gouvernement souhaitait fixer par décret une durée maximale de quinze jours pour un arrêt prescrit en médecine de ville et de trente jours à l’hôpital.
Les députés ont finalement retenu une durée unique d’un mois, inscrite directement dans la loi afin de limiter les évolutions futures sans débat parlementaire.
Pourquoi les arrêts maladie sont désormais plafonnés
L’objectif affiché est avant tout budgétaire. Depuis la crise sanitaire, les arrêts maladie ont doublé selon les données avancées par les pouvoirs publics.
Conséquence directe : les indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie augmentent à un rythme soutenu.
Aujourd’hui, les arrêts maladie représentent près de 18 milliards d’euros de dépenses annuelles pour la Sécurité sociale.
Face à cette hausse continue, le gouvernement cherche à renforcer le contrôle des prescriptions et à mieux suivre les situations d’arrêt de longue durée.
La hausse des arrêts maladie pèse sur les entreprises
Au-delà des finances publiques, les arrêts maladie ont également un impact direct sur les organisations.
Chaque absence génère des coûts visibles et invisibles :
- remplacement des collaborateurs absents ;
- surcharge de travail pour les équipes ;
- baisse de productivité ;
- désorganisation des services ;
- dégradation potentielle de l’expérience collaborateur.
Dans certains secteurs déjà confrontés à des tensions de recrutement, les absences répétées peuvent rapidement fragiliser l’activité.
Pour les RH, l’absentéisme est devenu un indicateur stratégique de la santé de l’entreprise.
Le plafonnement des arrêts maladie peut-il réduire l’absentéisme ?
C’est toute la question. Limiter la durée des prescriptions ne signifie pas réduire les causes des arrêts maladie.
Un collaborateur confronté à un épuisement professionnel, à des troubles musculosquelettiques ou à des difficultés psychologiques continuera d’avoir besoin d’un accompagnement médical adapté.
Dans les faits, cette réforme pourrait surtout multiplier les renouvellements administratifs pour les arrêts de longue durée.
Le risque est donc de traiter les conséquences sans s’attaquer aux facteurs qui alimentent l’absentéisme.
Prévenir les arrêts maladie : le véritable enjeu pour les entreprises
La meilleure façon de réduire les arrêts maladie reste encore de les prévenir.
Les entreprises les plus avancées travaillent désormais sur les causes profondes de l’absentéisme :
- prévention des RPS (risques psychosociaux) ;
- amélioration de la QVCT ;
- accompagnement managérial ;
- dispositifs d’écoute des collaborateurs ;
- développement de l’engagement et du sentiment d’appartenance.
Cette approche préventive permet non seulement de limiter les absences, mais aussi de renforcer l’attractivité et la fidélisation des talents.
L'article en bref
- À partir du 1er septembre 2026, la durée d’un premier arrêt maladie sera plafonnée à un mois maximum.
- Une prolongation restera possible, dans la limite de deux mois, pour les médecins, sages-femmes et chirurgiens-dentistes.
- Cette réforme vise à maîtriser la hausse des dépenses liées aux arrêts maladie, qui représentent près de 18 milliards d’euros par an pour la Sécurité sociale.
- Pour les entreprises, le véritable enjeu reste la prévention des arrêts maladie et de l’absentéisme, afin d’agir sur les causes plutôt que sur les conséquences.