Un quart des lycéens travaillent déjà en parallèle de leurs études, souvent plus de 10 heures par semaine. Encore peu visible, cette réalité bouscule les repères habituels et pose une vraie question aux entreprises : l’attractivité auprès des jeunes se joue-t-elle désormais avant même les études supérieures ?
Travailler au lycée, une réalité (très) répandue
C’est un angle mort. Ou plutôt, un sujet que personne ne regardait vraiment jusqu’ici.
Alors, quand une étude du CNRS s’y penche, le constat est assez clair : le travail des lycéens est tout sauf marginal.
Un sur quatre travaille déjà pendant les semaines de cours. Le soir, le week-end, parfois les deux. Un sur trois exerce une activité à différents moments de l’année, en incluant les petites vacances. Et au total, plus d’un lycéen sur deux travaille à un moment ou à un autre, été compris.
Ce qui frappe, c’est que ces chiffres ne concernent ni l’apprentissage ni l’alternance. On parle ici de jeunes qui cumulent cours et job, sans aménagement particulier.
Babysitting, fast-food, livraison, aide dans l’entreprise familiale, petits business en ligne… Les formes sont multiples, souvent discrètes, parfois invisibles.
Et forcément, ça a un impact. Fatigue, rythme intense, parfois décrochage. Tenir les cours la journée et enchaîner avec plusieurs heures de travail, ce n’est pas neutre.
La Gen Z ne veut pas travailler ? Vraiment ?
C’est un refrain qu’on entend souvent. La Gen Z (et la génération Alpha) serait moins engagée, plus exigeante, moins prête à se donner.
Sauf que la réalité dévoilée par l’étude est un radicalement différente. Ces lycéens qui travaillent ne le font pas toujours à contrecœur. Au contraire. Beaucoup en tirent une vraie fierté. Gagner leur propre argent, ne pas dépendre entièrement de leurs parents, se sentir utiles, découvrir le monde de l’entreprise… autant de motivations qui reviennent.
Autrement dit : les jeunes ne fuient pas le travail. Ils s’y confrontent tôt.
Ce qui est en jeu, ce n’est donc pas leur envie de travailler. C’est la manière dont ils découvrent le travail.
Parce que cette première expérience, même courte, même alimentaire, est marquante. Elle peut donner confiance pour la suite et ouvrir des perspectives. Ou bien, au contraire, laisser l’impression que le travail est dur, et peu valorisant.
L’attractivité employeur commence plus tôt qu’on ne le pense
Pendant longtemps, la marque employeur s’est pensée à partir d’un moment précis : l’entrée sur le marché du travail, au moment des études supérieures ou du premier emploi. Mais ce repère ne tient plus vraiment. Car si l’entrée officielle dans la vie active arrive plus tard, le premier contact avec l’entreprise, lui, se fait parfois bien avant.
À 16 ou 17 ans, certains jeunes ont déjà un manager, des horaires, des contraintes et une première idée très concrète de ce que travailler veut dire. Leur perception du travail (et des employeurs) commence donc à se construire bien avant le diplôme.
Pour les entreprises, cela pose une vraie question : à partir de quand devient-on attractif aux yeux d’un futur talent ? Dans les métiers en tension, notamment dans la restauration, le commerce, la logistique ou le tourisme, la réponse est claire : parfois dès ces premières expériences. C’est aussi pour cela que travailler sa marque employeur ne peut plus se limiter aux candidats déjà diplômés.
À condition, bien sûr, de ne pas considérer ces lycéens comme une simple main-d’œuvre d’appoint, mais comme des jeunes pour qui cette première expérience peut déjà orienter une perception, un intérêt, voire une vocation.
L’enjeu n’est donc pas seulement de recruter plus jeune. Il est de proposer un cadre clair, formateur et respectueux, dans les limites du droit du travail, puisqu’en France l’emploi est interdit avant 16 ans sauf exceptions, et autorisé ensuite sous conditions strictes. Autrement dit, il s’agit moins de capter les jeunes le plus tôt possible que de réussir leur première rencontre avec l’entreprise.
L'emploi des lycéens en bref
- 1 lycéen sur 4 cumule études et emploi pendant l’année scolaire.
- Loin d’un désamour du travail, cette tendance révèle une jeunesse en quête d’indépendance et de premières expériences concrètes.
- Les employeurs ont une carte à jouer, à condition d’offrir un cadre adapté, formateur et respectueux dès ces premiers contacts avec l’entreprise.
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