Cumul emploi-retraite : ce qui va changer en 2027

Partagez cet article

 

Ils sont plus de 600 000 en France à avoir choisi de ne pas tourner complètement la page. Consultants, artisans, managers, professions libérales, salariés à temps partiel : le cumul emploi-retraite séduit de plus en plus de seniors.

Son principe ? Permettre à un retraité de reprendre une activité rémunérée tout en continuant à percevoir sa pension.

Longtemps discret, le dispositif est devenu un vrai sujet politique. Rendu plus attractif par la réforme des retraites de 2023, il pourrait être nettement durci à partir de 2027. Décryptage.

Le cumul emploi-retraite, comment ça fonctionne aujourd’hui ?

Le cumul emploi-retraite repose sur une idée simple : continuer à travailler sans renoncer à sa pension. Mais dans les faits, tout dépend de votre situation.

1️⃣ Le cumul libre

C’est la version la plus avantageuse.

Il permet de reprendre une activité sans aucune limite de revenus, à condition de :

  • Avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite ;
  • Bénéficier du taux plein ;
  • Avoir liquidé l’ensemble de ses pensions (de base et complémentaires).

Autrement dit : vous avez rempli toutes les conditions, vous êtes libre de retravailler autant que vous le souhaitez.

2️⃣ Le cumul plafonné

Si les conditions du taux plein ne sont pas réunies, le cumul reste possible… mais encadré.

  • Vous pouvez travailler et percevoir votre pension ;
  • Vos revenus sont plafonnés ;
  • En cas de dépassement, la pension est suspendue (partiellement ou totalement).

Un système plus contraignant, mais qui offre malgré tout une porte de sortie progressive.

La réforme de 2023, un tournant favorable

Jusqu’à récemment, le cumul emploi-retraite présentait une limite de taille : les cotisations versées après la liquidation de la pension n’ouvraient aucun droit supplémentaire. Travailler plus ne permettait pas d’augmenter sa retraite.

La réforme des retraites de 2023 a modifié cette logique. Désormais, les retraités en cumul peuvent acquérir de nouveaux droits. À l’arrêt définitif de leur activité, ces droits donnent lieu au versement d’une seconde pension, certes plafonnée, mais bien réelle.

Ce changement a renforcé l’attractivité du dispositif, notamment dans un contexte marqué par l’allongement des carrières et la recherche de sécurité financière en fin de parcours professionnel.

Vers un durcissement du cumul emploi-retraite à partir de 2027

La dernière loi de financement de la Sécurité sociale pourrait toutefois rebattre les cartes. À partir de 2027, le cumul emploi-retraite serait plus strictement encadré.

Avant l’âge légal de départ – fixé à 64 ans pour les générations nées à partir de 1969 -, le cumul deviendrait financièrement dissuasif : toute reprise d’activité entraînerait une réduction de la pension, pouvant aller jusqu’à sa suppression totale. En pratique, cumuler avant l’âge légal perdrait donc tout intérêt économique.

Entre l’âge légal et 67 ans, le cumul resterait autorisé mais soumis à des plafonds de revenus. En cas de dépassement, la pension serait partiellement réduite. Les seuils précis doivent encore être fixés par décret, mais des montants autour de 7 000 euros annuels ont été évoqués.

Ce n’est qu’à partir de 67 ans que le cumul redeviendrait pleinement libre et producteur de droits supplémentaires.

Un changement de philosophie

Derrière ces ajustements techniques se dessine une évolution plus profonde. L’enjeu pour les pouvoirs publics n’est plus seulement de permettre de travailler après la retraite, mais d’inciter les seniors à rester en emploi plus longtemps, avant même la liquidation de leurs droits.

Dans un contexte démographique marqué par une hausse du nombre de retraités et une diminution relative du nombre d’actifs, l’équilibre du système par répartition est sous tension. Encourager le maintien dans l’emploi apparaît comme un levier prioritaire.

En réduisant les avantages financiers du cumul emploi-retraite avant 67 ans, le gouvernement semble favoriser d’autres dispositifs, à commencer par la retraite progressive, qui permet de réduire son temps de travail tout en continuant à cotiser pleinement.

Un équilibre à trouver

Pour les seniors, l’évolution du cumul emploi-retraite soulève des questions concrètes. Faut-il prolonger son activité avant la liquidation des droits ? Attendre 67 ans pour cumuler librement ? Ou opter pour une transition progressive ?

Parmi les pistes qui gagnent en visibilité : le CDI senior, qui vise à lever certains freins à l’embauche des plus de 60 ans. Autrement dit, avant de penser “cumul après la retraite”, l’idée est de rendre plus simple le fait de rester en emploi jusqu’au départ.

Une chose est sûre : la fin de carrière devient un sujet central, à la croisée des choix individuels et des équilibres collectifs.

Le cumul emploi-retraite en bref

  • 600 000 seniors concernés : en France, plus de 600 000 retraités cumulent aujourd’hui emploi et pension, séduits par une reprise d’activité souple et rémunérée.

  • Un principe simple : le cumul emploi-retraite permet de retravailler tout en continuant à percevoir sa pension.

  • Deux régimes distincts : le cumul est libre et sans plafond si le taux plein est atteint, sinon il est plafonné avec un risque de suspension de la pension en cas de dépassement.

  • Un tournant en 2023 : la réforme des retraites permet désormais d’acquérir de nouveaux droits et de percevoir une seconde pension après arrêt définitif de l’activité.

  • Un possible durcissement dès 2027 : avant 67 ans, le cumul pourrait être davantage encadré, voire financièrement désavantageux, afin d’encourager le maintien en emploi avant la retraite.

A propos de l’auteur/autrice

Ces articles pourraient également vous intéresser