L’IA, désormais compétence numéro une recherchée par les employeurs

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On le répète depuis quelques années : l’intelligence artificielle est en passe de redessiner le marché du travail. Sauf que ce futur est déjà là. D’après le Global State of the Skills Economy Report publié par Cornerstone OnDemand, les compétences liées à l’IA s’imposent désormais comme les plus recherchées par les employeurs. Décryptage.

La compétence IA en plein boom

Le rapport de Cornerstone OnDemand le montre : l’IA est devenu un passage obligé pour les actifs qui veulent rester agiles sur le marché de l’emploi. En un an à peine, la demande liée à maîtrise de l’IA a progressé de 245%, se hissant en tête des compétences les plus recherchées par les entreprises.

Un chiffre qui met en lumière une réalité : la transformation du monde du travail n’est plus seulement qu’un scénario prospectif, mais bel et bien un mouvement déjà en marche. Elle n’est plus cantonnée aux profils techniques et spécialisés, mais s’impose comme un socle commun de l’employabilité pour une part croissante des métiers.

Les profils hybrides deviennent stratégiques

Pour faire face à cette mutation, les organisations ne cherchent pas uniquement des experts IA. Elles cherchent surtout des profils capables de faire le lien : comprendre ce que l’IA produit, exploiter la donnée, décider… tout en gardant une lecture humaine des situations.

Pourquoi cette bascule ? Parce que les frontières entre métiers “humains” et métiers “techniques” s’estompent progressivement, au profit de fonctions qui conjuguent les deux.

Le rapport met en lumière deux mouvements très parlants :

  • La demande de compétences data progresse dans les métiers en contact avec les clients (+22 %).
  • L’intelligence émotionnelle gagne du terrain dans les rôles techniques avancés (+95 %).

En clair : la valeur se déplace vers celles et ceux qui savent interpréter les données et orchestrer – les outils, les interactions, les décisions-, pas seulement exécuter.

Un paradoxe : certaines compétences “historiques” reculent, d’autres explosent

Cette recomposition des besoins fait apparaître un mouvement en apparence contradictoire. À mesure que l’IA et l’automatisation s’installent dans les organisations, certaines compétences longtemps considérées comme centrales perdent du terrain.

Le rapport de Cornerstone OnDemand observe ainsi des reculs marqués sur plusieurs domaines historiquement très liés à l’humain : le service client (-45%), le commerce et le marketing (-22%), le support administratif (-38%).

Ces baisses ne traduisent pas une disparition de l’humain dans le travail, mais plutôt un déplacement de la valeur. Les tâches les plus répétitives et standardisées sont progressivement prises en charge par les outils, tandis que les entreprises attendent désormais autre chose de leurs collaborateurs.

Ce qui devient stratégique, ce sont les compétences qui résistent à l’automatisation : celles qui permettent de comprendre des situations complexes, de créer du lien, d’arbitrer et de décider là où la machine s’arrête. Autrement dit, les fameuses soft skills.

En parallèle, le rapport met en évidence une forte progression de compétences dites “transverses”, désormais clés dans un environnement augmenté par l’IA : l’intelligence émotionnelle (+95%), la résilience et la flexibilité (+42%), le leadership et l’influence sociale (+28%), la pensée créative (+18%)…

Autrement dit, plus la technologie progresse, plus les compétences humaines de haut niveau deviennent différenciantes. L’enjeu n’est plus d’opposer humain et machine, mais de repositionner l’humain là où il apporte le plus de valeur.

Au-delà de l’IA : la poussée des green skills et des compétences liées à la santé

Le rapport met aussi en lumière deux autres vagues qui montent en parallèle de l’IA. D’un côté, l’essor des green skills : les entreprises cherchent de plus en plus des profils capables de traduire la transition écologique en projets concrets.

Résultat : la demande explose sur des compétences comme la gestion de la durabilité (+180 %), les systèmes d’énergie renouvelable (+165 %) ou encore les technologies vertes (+156 %). Les compétences environnementales deviennent un vrai levier de transformation, et donc de compétitivité.

De l’autre côté, la santé confirme son statut de secteur sous tension, porté par le vieillissement de la population, la pression sur les systèmes de soins et l’accélération des innovations médicales. La demande progresse fortement pour les infirmiers diplômés (+278 %), les compétences en soins aux patients (+79 %) et en biotechnologies (+145 %).

Autrement dit : pendant que l’IA reconfigure les métiers, l’économie des compétences se structure aussi autour de deux urgences très concrètes : décarboner et soigner.

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