Rémunération de stagiaires 2026 : que dit la loi ? 

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Stage en startup, en PME ou dans un grand groupe : la question revient chaque année. Combien doit-on payer un stagiaire ? Est-ce obligatoire ? Peut-on parler de salaire pour un stagiaire ? Et que risque une entreprise qui ne verse rien ?

En 2026, la rémunération stagiaire reste encadrée par des règles précises. Pas toujours complexes, mais souvent mal comprises. On décrypte ce que dit la loi, ce que doivent savoir les RH… et ce que les étudiants ont intérêt à vérifier avant de signer.

Un stagiaire doit-il être rémunéré en 2026 ?

Oui, mais uniquement à partir d’un certain seuil.

La loi prévoit qu’une gratification stage devient obligatoire dès lors que le stage dépasse 2 mois, soit 44 jours de présence effective (consécutifs ou non) au sein de la même entreprise, au cours d’une même année scolaire ou universitaire.

En dessous de ce seuil, l’entreprise peut choisir de verser une gratification… mais elle n’y est pas contrainte.

Ce point est essentiel : on ne parle pas ici de “salaire stagiaire” au sens juridique.

Un stagiaire n’est pas un salarié. Il n’a pas de contrat de travail, mais une convention tripartite signée entre l’étudiant, l’établissement d’enseignement et l’entreprise. Il est présent pour apprendre, pas pour occuper un poste permanent.

La gratification obligatoire vise donc à encadrer les stages longs, pour éviter les abus et reconnaître le temps réellement passé en entreprise.

Quel est le montant minimum d’un stage en 2026 ?

Bonne nouvelle pour les étudiants : la gratification minimale a augmenté au 1er janvier 2026.

Le principe ne change pas. La rémunération stagiaire minimale correspond toujours à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale. Mais comme ce plafond est réévalué chaque année, le montant évolue.

En 2026, le plafond horaire passe de 29 € à 30 €.

Résultat :

15 % × 30 € = 4,50 € par heure

La gratification stage minimale passe donc de 4,35 € en 2025 à 4,50 € en 2026, soit une hausse d’environ 3,5 %.

Concrètement, combien touche un stagiaire par mois en 2026 ?

Pour un stage à temps plein (35 heures par semaine), on retient une base moyenne de 151,67 heures par mois.

Le calcul est simple :

151,67 h × 4,50 € = 682,52 € par mois

👉 Montant minimum mensuel en 2026 : environ 682 €

Ce montant peut légèrement varier si l’entreprise choisit un calcul au réel (en fonction du nombre exact d’heures effectuées dans le mois).

Pourquoi parle-t-on de gratification et non de salaire stagiaire ?

Un stagiaire n’est pas un salarié. Il ne signe pas un contrat de travail, mais une convention de stage avec son établissement d’enseignement et l’entreprise d’accueil.

Il ne perçoit donc pas un salaire stagiaire au sens juridique, mais une gratification ou une indemnité de stage.

Cela change plusieurs choses :

  • pas d’application du SMIC
  • pas de bulletin de paie classique
  • pas de cotisations sociales dans la limite du minimum légal
  • pas de prime d’ancienneté ou de 13e mois obligatoire

La gratification vise à compenser la présence en entreprise, sans transformer le stage en emploi déguisé.

Comment se calcule la gratification de stage en 2026 ?

Le principe est simple : la gratification stage est calculée en fonction du nombre d’heures réellement effectuées par le stagiaire.

En 2026, le taux minimum légal est fixé à 4,50 € par heure.

Il suffit donc de multiplier ce montant par le nombre d’heures de présence effective.

Deux méthodes possibles

Les entreprises peuvent choisir entre deux modes de calcul.

1️⃣ Le calcul au réel

La gratification varie chaque mois selon le nombre exact d’heures travaillées.

Exemple :

Si le mois compte 154 heures travaillées :

154 × 4,50 € = 693 €

Le montant peut donc fluctuer d’un mois à l’autre.

2️⃣ Le lissage mensuel

L’entreprise peut décider de verser la même somme chaque mois, en prenant une moyenne annuelle (souvent 151,67 heures).

Dans ce cas, le stagiaire perçoit environ 682 € par mois, quel que soit le nombre précis de jours ouvrés.

Ce système est plus lisible pour le stagiaire et plus simple en gestion RH.

Quid des absences ?

La gratification est due pour les heures de présence effective.

Si le stagiaire est absent (maladie non indemnisée, absence injustifiée), la gratification peut être ajustée en conséquence.

En revanche :

  • les jours fériés sont généralement intégrés si le stage est mensualisé,
  • les congés prévus par la convention de stage peuvent être rémunérés selon l’accord interne.

Tout doit être clairement précisé dans la convention de stage pour éviter les ambiguïtés.

Y a-t-il des charges sociales sur la gratification ?

C’est un point important pour les services RH.

La gratification stage est exonérée de cotisations sociales dans la limite du minimum légal, soit 4,50 € par heure en 2026.

Cela signifie :

  • si l’entreprise verse exactement le minimum légal → pas de charges sociales.
  • si elle verse davantage → la part au-delà de 4,50 € peut être soumise à cotisations.

Pour le stagiaire, cela veut dire que le montant perçu correspond généralement au montant net affiché.

Quels sont les droits annexes du stagiaire en 2026 ?

Même s’il ne perçoit pas un salaire stagiaire au sens juridique, un stagiaire ne vient pas “en dehors des règles”. Au-delà de la gratification stage, plusieurs droits s’appliquent, notamment sur l’accès aux avantages collectifs et aux frais liés à la présence en entreprise.

Accès aux avantages collectifs

Le stagiaire doit pouvoir bénéficier, dans les mêmes conditions que les salariés, des avantages collectifs mis en place dans l’entreprise.

Cela concerne notamment :

  • l’accès au restaurant d’entreprise ;
  • ou, si l’entreprise distribue des titres-restaurant, la possibilité d’en bénéficier selon les règles internes.

L’idée est simple : à partir du moment où le stagiaire est présent au quotidien, il ne peut pas être mis à l’écart des dispositifs collectifs uniquement parce qu’il n’a pas le statut de salarié.

Remboursement des frais de transport

Le stagiaire bénéficie du remboursement de 50 % de son abonnement de transport en commun pour les trajets domicile-travail, sur le même principe que les salariés.

En pratique, c’est un point à anticiper dès la signature de la convention de stage, car il fait partie des sujets qui génèrent le plus d’incompréhensions côté stagiaire… et d’oublis côté entreprise.

Accès aux activités sociales et culturelles

Selon l’organisation de l’entreprise, le stagiaire peut également avoir accès aux activités sociales et culturelles proposées par le CSE (billetterie, offres partenaires, événements, etc.).

Les modalités peuvent dépendre des règles de fonctionnement internes, mais c’est un point que les RH ont intérêt à clarifier pour éviter les situations de “deux poids, deux mesures”.

Congés et autorisations d’absence

Pour les stages de plus de deux mois, la convention de stage doit prévoir des modalités d’absence et, selon les cas, des congés.

La loi n’impose pas un volume identique à celui d’un salarié, mais le cadre doit être posé : stage long ne veut pas dire présence continue sans respirations.

Que risque une entreprise en cas de non-respect ?

Ne pas respecter les règles liées à la rémunération stagiaire ou aux droits annexes n’est pas un “petit écart”. Cela peut entraîner des conséquences financières, juridiques et même réputationnelles.

Risques financiers

Si la gratification obligatoire n’est pas versée alors que le stage dépasse 44 jours de présence effective, l’entreprise s’expose notamment à :

  • un rappel de sommes dues ;
  • une amende administrative ;
  • un contrôle ou un signalement déclenchant une intervention de l’inspection du travail.

Risque de requalification

C’est le risque le plus sensible.

Si le stage n’a plus grand-chose d’un stage – par exemple si le stagiaire remplit une fonction permanente, remplace un salarié, travaille sans encadrement pédagogique, ou répond à une logique de productivité comparable à celle d’un poste – la relation peut être requalifiée en contrat de travail.

Et là, les conséquences peuvent vite s’alourdir :

  • paiement rétroactif d’un salaire ;
  • régularisation de cotisations sociales ;
  • indemnités et rappels divers.

En clair, un stage mal cadré peut coûter beaucoup plus cher qu’une gratification stage correctement anticipée.

Risque réputationnel

En 2026, la question du montant stage et du respect des conditions d’accueil est aussi un sujet de marque employeur.

Les jeunes candidats partagent, comparent, évaluent. Une entreprise qui contourne la règle ou “optimise” les stages longs au minimum prend un risque sur l’attractivité, bien au-delà du juridique.

La rémunération des stagiaires en bref

  • La gratification pour un stage devient obligatoire dès que le stage dépasse 44 jours de présence effective (soit plus de 2 mois).
  • En 2026, le montant minimum de la rémunération stagiaire est fixé à 4,50 € par heure, soit environ 682 € par mois pour un temps plein.
  • La gratification est exonérée de cotisations sociales dans la limite du minimum légal ; au-delà, la part excédentaire peut être soumise à charges.
  • Un stagiaire n’est pas un salarié : il perçoit une gratification et bénéficie de droits spécifiques, mais un stage mal encadré peut être requalifié en contrat de travail.

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